Rouler Plus Vite Fait-il Gagner du Temps ? Analyse et Données Réelles

Rouler Plus Vite Fait-il Gagner du Temps ? Analyse et Données Réelles

Accélérer pour arriver plus tôt : une efficacité souvent surestimée

Beaucoup d’automobilistes, lorsqu’ils sont pressés ou légèrement en retard, envisagent de dépasser les limitations de vitesse dans l’espoir d’écourter leur trajet. Cependant, diverses observations montrent que le gain de temps obtenu est généralement beaucoup plus faible que ce que l’on pourrait penser, et qu’il diminue sensiblement à mesure que la vitesse s’élève.

Le “paceomètre” : un outil pour mesurer le temps réellement gagné

Le chercheur Eyal Peer a mis au point un dispositif appelé « paceometre ». Visuellement proche d’un compteur de vitesse classique, il indique, en plus de la vitesse (en miles par heure), le nombre de minutes nécessaires pour parcourir dix miles, soit environ 16 kilomètres. Ce système permet de visualiser clairement que les bénéfices temporels diminuent avec l’augmentation de la vitesse.

Par exemple, passer de 30 km/h à 50 km/h sur 16 kilomètres permet de réduire le temps de trajet d’environ 13 minutes. En revanche, passer de 80 km/h à 100 km/h ne ferait gagner qu’environ 2,5 minutes sur la même distance.

Des calculs basés sur des conditions idéales

Ces estimations supposent de maintenir une vitesse constante sur toute la distance parcourue. Dans la circulation réelle, en zone urbaine ou en présence d’embouteillages, ces gains sont généralement encore plus réduits.

Les coûts cachés d’une vitesse plus élevée

Accroître sa vitesse de manière significative peut entraîner une augmentation de la consommation de carburant et des risques liés à la sécurité routière. Le risque d’accident grave ou de sanction pour excès de vitesse est également plus élevé.

Le « biais de gain de temps » : une idée reçue fréquente

Eyal Peer utilise le terme « Time-Saving Bias » (biais de gain de temps) pour décrire la tendance à surestimer les bénéfices temporels liés à une vitesse accrue. Une étude citée par le chercheur révèle que de nombreux participants pensaient qu’augmenter de 80 à 100 km/h faisait gagner plus de temps qu’un passage de 30 à 50 km/h, ce qui n’est pas confirmé par les calculs présentés.

De manière générale, les évaluations des personnes interrogées surestimaient presque toujours le temps gagné. Selon Eyal Peer, mieux comprendre ce biais grâce à des outils comme le paceometre pourrait contribuer à réduire le nombre d’accidents, en encourageant une conduite plus rationnelle.

Conclusion : conduire vite n’est pas toujours synonyme d’efficacité

L’auteur et expert en marketing Rory Sutherland résume l’idée en affirmant qu’il est pertinent de rouler suffisamment vite, mais que dépasser largement cette vitesse optimale revient souvent à un mauvais calcul. En somme, la perception du gain de temps, lorsqu’on augmente fortement sa vitesse, est bien souvent éloignée des gains réels.